LE JARDIN DES MAREES
JULIE LAVIGNE & UGO WALERS
“Devant la mer, toute joie est immédiate”
Noces - Albert Camus
face à l’étendue
Notre regard sans amares
se dépose sur l’horizon
alternant entre interdiction et contemplation,
Ces masses, ces mâts, ces formes
disséminées dans la rade
captent l’observateur
et l’entrainent vers le rivage.
Les repères
autant horizontaux que verticaux
sont amenés à être vus, observés, contemplés.
mais l’interdit nous guette.
là, présent, puissant, sensible.
seul répit pour le flâneur
En souvenir du passé
les limites côtières disparaissent
l’accueil des vagues n’est plus
lui restituer ses interfaces
envie de liberté
la côte se redessine dans le paysage
Elevages et paysages
Les vestiges du quai et du remblai sont réutilisés comme support d’un jardin évolutif. Ils composent un paysage à la fois aquatique et vertical, transformé par les marées, changeant d’heure en heure et de jour en jour. Ce jardin devient un lieu de protection, d’habitat et de régénération pour la biodiversité de la rade. Tout en développant une strate terrestre, en continuité de la grille composant le jardin aquatique. Cette strate s’appuie sur la pression hydraulique des marées afin d’alimenter naturellement le jardin en eau au fil de la journée.
L’ancienne base nautique est réinvestie comme lieu d’accueil pédagogique, de gestion et d’observation du jardin. Elle accueille une salle de médiation, des espaces éducatifs, un lieu de restauration ainsi qu’un laboratoire ouvert au public dédié à l’étude, au suivi et à la reproduction des espèces présentes dans la rade. Un atelier complète l’ensemble afin d’assurer la maintenance et l’évolution du site.
Le Jardin des Marées transforme une partie de l’ancienne base nautique de la rade de Brest en un écosystème vivant dédié à la biodiversité marine et à la sensibilisation du public. Le projet repose sur le réemploi des matériaux issus de la déconstruction du quai, considérés non comme des déchets mais comme une ressource. Ces matériaux sont intégrés dans des tours immergées qui offrent des refuges à la faune et à la flore grâce aux vides créés entre les gravats.Structuré par une trame régulière et rythmé par les marées, le jardin évolue constamment, révélant des paysages changeants entre terre et mer. La base nautique existante est transformée en lieu pédagogique permettant de découvrir les écosystèmes de la rade. Enfin le projet accepte l’usure et même la rupture comme des processus naturels (notions déjà présentent avec les plots en béton et ducs-d’Albe) : plutôt que de chercher à résister indéfiniment, il accompagne les dynamiques du vivant et crée les conditions de son développement futur.
Raz de marée
Hyper-archives
Fragments
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