CHAR-NAVAL
LOUANNE BAUNAY ROUSSEAU & LUCIE LE BOISSELIER
Après être revenues de Lanvéoc, nous nous sommes attelées à la classification des ressources qui nous avaient été offertes :
_Ressources matérielles :
ensemble des matériaux qui pourront potentiellement être transformés et réintroduits au sein du projet.
_Ressources analogiques :
éléments saillants
du site desquels leurs essences sont extraites pour
implémenter le projet.
_Ressources imaginaires :
univers mentaux générés à la vue d’images.
En mettant en lien les ressources avec nos expérimentations, nous en avons tiré trois
intentions :
_Compression Dilatation :
Un premier mouvement au sein du projet amènerait à une densification des masses de population, des
usages, des ressources, dont le centre nautique serait le point de convergence et de transformation. Un second mouvement serait celui
du déploiement depuis la base à travers l’entièreté du territoire.
_Préciosité Composite :
usage d’éléments à l’esthétique précieuse entrant
dans une composition par agrégation.
_Rituel social :
les usages futurs au sein du territoire amèneront à la création de situations rituelles : évènements de célébration,
d’échanges, etc.
Doudoux artificiels
tests IA
Cartes postales
Transfert de style et cartes postales animées
Le projet est axé sur la transformation de la ressource algue en composants architecturaux : parois, isolants, enduits ou encore tapisseries. Cette matière première issue du littoral devient le support d’une réflexion à la fois constructive, territoriale et sociale. Le fonctionnement du projet s’organise en deux temps complémentaires. Dans un premier temps, les algues sont récoltées puis acheminées jusqu’à Lanvéoc, où elles sont transformées dans l’ancien dépôt de l’OTAN réhabilité. Ce lieu accueille les différentes étapes de séchage, de stockage et de fabrication des matériaux. Les algues y sont travaillées et associées à d’autres ressources locales afin de produire de nouvelles matières destinées à l’architecture.
Dans un second temps, l’export de ces ressources vers les autres communes de la presqu’île de Crozon devient un prétexte à la célébration. Le projet cherche ainsi à mettre en scène les échanges matériels et humains qui relient les territoires de la rade. Les déplacements des ressources donnent lieu à des moments festifs, où habitants, navigateurs et visiteurs se retrouvent autour d’un rituel commun. Deux lieux majeurs de la côte lanvéocienne sont réactivés. La cale restaurée retrouve son usage quotidien tout en devenant un espace de transfert entre les bateaux et le char assurant la liaison jusqu’au dépôt. L’ancien dépôt, quant à lui, devient à la fois un lieu de production et, une fois la saison terminée, un espace de fête et de rassemblement.
La cale et le centre nautique
Les algues, amassées sur les plages, sont parfois perçues
comme une pollution, un déchet. A Lanvéoc, nous les transformons en composants
pour la construction : des briques, de la tapisserie, des voilages. Les
bateaux, chargés d’algues, accostent sur la cale restaurée. Ici, un char les
attend afin de récupérer les ressources. Le transfert opéré, nous longeons la
côte et accompagnons le char jusqu’au transformateur. Le transformateur est à
la fois le lieu de réparation du char et de transformation des algues.
Nous
combinons les algues à divers matériaux afin d’obtenir différents éléments
composites.
On les mixe à de l’argile, du papier doré ou encore du coton. Nous cherchons
différents aspects de la matière, autant dans sa teinte que dans sa
composition. Quand les ressources sont devenues éléments de constructions, nous
les rechargeons dans le char afin qu’elles soient réexportées dans les communes
avoisinantes. Cet export est un rituel vivement célébré à Lanvéoc, le
transformateur change de visage et devient un lieu de festivité, des concerts
animent le parvis et la fête se diffuse de village en village.
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