ANASTOMOSE


LOUISE ECHAVIDRE & SORYA GIRAULT

Les expérimentations nous ont permis, à travers des actions telles que l’extrusion, la fonte, la dilution ou l’imbibition, d’observer les mutations possibles de la matière. À travers ces manipulations, la matière passe d’un état à un autre, elle sèche, absorbe, durcit et fige ainsi un mouvement en révélant une matérialité qui n’était plus celle d’origine. Cette étape a permis de faire émerger nos intentions sur les notions de seuil, de granularité, de mouvement et de phagocytose. Les images IA détruisent ces objets, altérant une nouvelle fois leur état pour offrir une nouvelle matière imaginaire.

En travaillant la granulométrie et la trame par les seuils, nous avons prolongé ces premières intentions, en cherchant des systèmes capables de structurer et accueillir ces variations d’état. Lors de la visite de site, cette approche nous a conduits à identifier des seuils et des granulosités disséminées à différentes échelles. Nos intentions de projet s’articulent ainsi autour de dispositifs capables d’absorber, de transformer et de réinvestir le lieu par phagocytose, afin d’en révéler ses dynamiques cachées.


PONCTIONS ARTIFICIELLES



Hyper-formulations

Le projet s’est développé à travers des formulations, de la granulométrie et les interactions entre matières. Nous avons observé la densité, la porosité ou encore la capillarité de ces différentes matières qui nous ont poussés à penser le projet comme une masse en transformation plutôt qu’une forme architecturale figée, une architecture colonisée par le vivant, à l’image du travail de Diana Scherer sur les racines.
Le projet propose une excavation dans le littoral, formant une succession de bassins qui descendent progressivement vers la mer. Ces derniers sont pensés comme des strates minérales, de plus en plus rugueuse à mesure que l’on s’approche de la mer. Ces espaces évoluent au gré des marées et font de l’eau une matière active du projet. Le projet repose en partie sur le réemploi des gravats récupérés de la démolition et réintégrés dans la granulométrie du site. Le bâtiment existant est conservé et transformée en espace d’accueil pour les usagers des bassins mais aussi en espace modulable pour les usages déjà existants en cet endroit par les habitants. Les racines et la végétation ont pour volonté de phagocyter ces masses minérales, par leurs interstices et leur porosité, le minéral devenant substrat du projet. 




Pools



Expérimentations 


À Lanvéoc, là où la terre rencontre la mer, Anastomose imagine une architecture du lien. Le projet naît d’un module unique, composé de gravats issus du site et de racines en croissance. À la fois structure, support de culture et mobilier, il devient le fil qui relie les différentes échelles du projet.

Comme une anastomose végétale, ce module tisse des connexions entre le minéral et le vivant, entre démolition et régénération, entre les habitants et leur littoral. Il accompagne la création d’un bassin d’eau de mer rythmé par les marées et transforme l’ancienne salle des fêtes en un laboratoire dédié à la culture de tissus racinaires.

Peu à peu, les matériaux se métamorphosent : les gravats accueillent les racines, les racines deviennent matière, la matière réintègre l’architecture. Anastomose propose ainsi un paysage en transformation continue, où construire revient avant tout à retisser des relations.



Physications


Hyper-archives






Fragments